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Pour ce qui est
de nos impressions de Barcelone, elles furent pour le moins variées.
Je peux vous faire part des miennes. D’ailleurs, au sujet de la visite
de la ville nous avons eu de la chance car les bus touristiques à deux étages
passaient toutes les 3 à 5 minutes et faisaient le tour de toutes
les curiosités de Barcelone. Pour 21 ˆ nous avions un ticket valable
deux jours de suite, du matin à 21 heure, et nous montions et descendions à n’importe
quel arrêt. Mais revenons à mes impressions…
Barcelone
m’a semblé être une ville non bourgeoise, privée de
chic mondain et de mystère. Elle est là, tout entière,
avec ses atouts et ses défauts. Cette simplicité et cette
ouverture peuvent même devenir pour certains source de déception.
On a l’impression que la ville est toujours en quête de son image,
tout comme son symbole – la Sagrada Familia, la seule cathédrale
au monde en construction. (A sa mort, en 1926, Antonio Gaudi n’avait pu
voir qu’une des tours terminée.) Barcelone
est toujours différente, eclectique, mais il semble qu’elle ne se
soucie nullement de plaire aux touristes et qu’elle s’en moque éperdument
du haut d’une des tours de sa Cathédrale-symbole de ce qu’elle peut
paraître instable et inhospitalière. De lourds monuments en
bronze côtoient de frivoles installations bigarrées, des édifices traditionnels - d’étranges
façades onduleuses et revêtues de céramique multicolore
signées Gaudi (la Casa Batllo, la Casa Mila),
qui, comme on le sait, avait essayé dans son oeuvre
d’imiter la nature et, de fait, s’était appliqué à éviter les lignes droites. Il semble que cette association
forcée de l’incompatible propre à Barcelone se soit répercutée
sur la faune et la flore locales. : ) Regardez un peu ces pigeons, et à côté – ces
perroquets urbains. Ou
encore ces émouvants palmiers municipaux… Pour aimer cette ville il faut
faire des efforts, il faut la parcourir, la découvrir, ce qu’on
ne saura jamais faire en restant dans une auberge, ni dans un Hilton. Je
dirais que Barcelone n’est pas une top-modèle ravissante et hautaine,
dont la beauté banale est capable de vous tourner la tête
aussi vite que de vous ennuyer, mais une gamine modeste et tendre du quartier
ouvrier, dont vous avez à découvrir la beauté et le
charme toute votre vie durant. Faute de photos illustrant de façon éclatante
cette comparaison un peu gratuite, en voici une qui se rapproche de l’idée.
La raison pour laquelle elle a été prise ne saute pas aux
yeux, mais elle existe bel et bien, en bas…dans
le coin gauche…
Le cosmopolitisme
de Barcelone rend sans doute cette ville attrayante pour la bohème
créatrice - les artistes, peintres, poètes, desquels la ville
doit être proche par son esprit. Mais ce n’est qu’une supposition… Et, enfin,
s’agissant des curiosités: elles sont presque toutes une marque
de vente médiatisée, surtout en ce qui concerne le nom et
l’oeuvre de Gaudi. Quant à La Rambla, elle ressemble à un
marché aux puces touristique, ou plutôt à une foire
si l’on songe aux “déguisés” que
l’on voit figés ici et là de chaque côté de
l'avenue et qui se mettent en mouvement au son d’une pièce de monnaie
jetée par un touriste. Bien sûr, c’est tout de même
gai. Parce que nous, les touristes, nous sommes comme de petits enfants:
nous avons besoin de spectacles, simples et naifs, de cirque, comme dans
notre lointaine enfance, et ceci pour nous reposer du rationalisme abrutissant
du monde des adultes. Cependant, j’ai préféré El
Pueblo Espanol - une petite cité sur
le mont Montjuic composée de maisons construites selon les traditions
de diverses provinces espagnoles. Ces maisonnettes abritent des magasins pittoresques dans
lesquels des artisans nationaux ou pseudo-nationaux sont à l’oeuvre,
et où j'ai dépensé non sans plaisir plus de cent
euros. Pour moi le principal critère dans l’achat de souvenirs
a été cet extraordinaire - soit barcelonais, soit espagnol - mariage
de couleurs qui les marquait.
Il faut dire qu’au deuxième jour de notre séjour à Barcelone
le sentiment de solitude et d’abandon qu’on éprouvait en arrivant,
avait déjà disparu sans laisser de trace: dans la ville comme
dans notre auberge, appelée “La Mer”, nous étions comme
des poissons dans l’eau…
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